Vous n’avez aucune idée de ce que ChatGPT raconte sur votre entreprise quand un prospect lui demande conseil. HubSpot propose un outil gratuit pour le découvrir en deux minutes : l’AEO Grader interroge trois moteurs IA sur votre marque et vous rend un score.
On l’a lancé sur noCRM pour tester, puis on a lu le rapport complet jusqu’aux notes de bas de page.
Dans cet article, on vous livre les résultats de notre test complet. Découvrez notre avis sur HubSpot AEO Grader (ou “Audit de visibilité IA” en français).

Sommaire
L’AEO Grader d’HubSpot en deux minutes
L’AEO Grader appartient à la famille des outils gratuits HubSpot, aux côtés de l’analyse de site web ou du générateur de persona. Sa promesse est de mesurer la façon dont les moteurs de réponses IA parlent de votre marque.
Le formulaire tient en quatre champs : nom de l’entreprise (et non pas l’url du site web, car ici, on analyse une marque, des mentions, pas un site web), zone géographique, produits ou services, secteur d’activité. Vous cliquez, l’outil interroge OpenAI, Perplexity et Gemini avant d’afficher un score par moteur en une poignée de secondes.
Ce score agrège cinq dimensions, avec une pondération qui en dit long sur la philosophie de l’outil :
- Le ressenti de la marque, noté sur 40 points. C’est de loin le plus lourd, parce que HubSpot considère que la façon dont l’IA parle de vous compte davantage que le simple fait qu’elle vous connaisse.
- La notoriété de marque et la qualité de la présence, sur 20 points chacune.
- L’exposition (votre part de voix face aux concurrents) et la position sur le marché, sur 10 points chacune.
Les scores s’affichent instantanément, mais l’accès au rapport détaillé, lui, demande une adresse email et propose une case à cocher pour être recontacté par un commercial. C’est un aimant à leads (Lead Magnet) assumé, comme tous les outils gratuits de HubSpot depuis dix ans mais le rapport livré vaut largement l’email.

Attention à ne pas confondre avec HubSpot AEO, l’outil payant lancé en avril 2026. Le Grader est un diagnostic ponctuel et gratuit. HubSpot AEO est une plateforme de suivi continu à 49 € par mois, avec 25 prompts trackés et 10 concurrents surveillés. Le premier répond à « où j’en suis aujourd’hui », le second à « comment ça évolue ».
Notre test d’HubSpot AEO Grader sur noCRM : trois moteurs, trois verdicts
Pour ce test, on a choisi une marque que nos lecteurs connaissent bien et que nous n’éditons pas : noCRM, positionné sur « logiciel CRM », en France, secteur technologie.

Premier enseignement : l’outil ne rend pas un score, il en rend trois. Un par moteur. Et l’écart est loin d’être anecdotique.
| Dimension | OpenAI | Perplexity | Gemini |
|---|---|---|---|
| Score global | 53 | 63 | 67 |
| Notoriété de marque | 8/20 | 12/20 | 13/20 |
| Position sur le marché | 3/10 | 5/10 | 5/10 |
| Qualité de la présence | 9/20 | 12/20 | 13/20 |
| Ressenti de la marque | 27/40 | 30/40 | 35/40 |
| Exposition de la marque | 6/10 | 4/10 | 1/10 |
Quatorze points séparent le meilleur score du moins bon. Traduit en verdict qualitatif, ça donne « sur la bonne voie » chez OpenAI et Perplexity, « très bien » chez Gemini.
Maintenant, regardez la dernière ligne du tableau. Elle raconte quelque chose de contre-intuitif que le score global masque complètement.
Gemini attribue à noCRM son meilleur ressenti, 35 sur 40, et sa pire exposition, 1 sur 10. OpenAI fait exactement l’inverse : le ressenti le plus faible du panel, 27 sur 40, mais la meilleure part de voix, 6 sur 10. Autrement dit, ChatGPT cite noCRM relativement souvent mais en parle moins bien, quand Gemini en dit beaucoup de bien mais ne le met presque jamais en avant face à ses concurrents.
C’est le croisement le plus utile de tout le rapport et il faut aller le chercher. Un ressenti élevé associé à une exposition faible signifie « aimé mais invisible » : le chantier est celui de la présence dans les contenus comparatifs et les pages de catégorie. Un ressenti faible associé à une exposition correcte signifie « visible mais mal raconté » : le chantier est celui des sources qui nourrissent le sentiment, avis clients, cas d’usage chiffrés, retombées presse, etc.. Deux diagnostics opposés, deux plans d’action opposés.
Pourquoi les scores divergent autant : la réponse est en note de bas de page
On aurait pu s’arrêter là et conclure que les trois moteurs perçoivent différemment la même marque. Ce serait passer à côté de l’essentiel.
Le rapport PDF se termine par trois lignes en petits caractères, faciles à ignorer, qui précisent les modèles interrogés et surtout leur date de fin de connaissances.
| Moteur | Modèle utilisé | Fin des connaissances |
|---|---|---|
| OpenAI | GPT-5.4 mini | 31 août 2025 |
| Perplexity | Recherche en temps réel | Aucune, navigation web active |
| Gemini | Gemini 3 Flash Preview | Janvier 2025 |
Nous sommes en juillet 2026. Gemini juge donc une marque sur un corpus vieux de dix-huit mois, OpenAI sur un corpus de onze mois et seul Perplexity regarde le web d’aujourd’hui.
Une partie de l’écart entre les trois scores ne mesure donc pas une différence de perception entre moteurs. Elle mesure un décalage temporel. Concrètement : une entreprise qui a lancé un produit majeur, levé des fonds ou refondu son positionnement en 2026 apparaîtra faible chez Gemini et correcte chez Perplexity, sans que sa visibilité réelle ait le moindre rapport avec cet écart.
Deux précisions honnêtes s’imposent :
- D’abord, cette contrainte n’est pas propre à HubSpot : tout outil de mesure GEO interroge des modèles figés à une date donnée et la plupart de ses concurrents ne le documentent nulle part. HubSpot le fait, même si c’est en petits caractères, et c’est plutôt à son crédit.
- Ensuite, les modèles mobilisés sont des versions rapides et allégées, mini et flash, ce qui est cohérent pour un outil gratuit qui doit répondre en quelques secondes, mais reste différent de ce qu’un prospect obtient dans l’interface grand public de ChatGPT ou Gemini.

Dans le rapport complet, le texte vaut mieux que les chiffres
Le rapport détaillé s’obtient contre une adresse email, puis se télécharge en PDF ou se partage par lien avec votre équipe. Il est nettement plus riche que l’aperçu à l’écran.
Après l’avoir épluché, notre lecture tient en une phrase : les données chiffrées demandent de la prudence, l’analyse qualitative est excellente. Soit exactement l’inverse de ce que la mise en page suggère.

Ce qui demande de la prudence
- Les volumes de mentions. Le rapport annonce 420 mentions chez OpenAI, 340 chez Perplexity et 14 500 chez Gemini. Un facteur 43 sur la même marque le même jour, avec le plus gros volume attribué au moteur dont le corpus est le plus ancien. Ces ordres de grandeur ne sont pas comparables entre eux.
- Le camembert de parts de marché. Deux moteurs placent noCRM en tête du CRM français avec 18 % de part, devant HubSpot et Salesforce, alors que les trois colonnes qualifient noCRM d’acteur de niche quelques lignes plus haut. L’apparente contradiction s’explique : le graphique mesure une part de voix dans les réponses IA sur les requêtes testées, pas une part de marché réelle. La nuance est capitale et mérite d’être gardée en tête.
- Les niveaux de confiance. Ils oscillent entre 83 et 90 % sur des conclusions qui divergent franchement. Une confiance élevée porte sur la cohérence interne de l’analyse, pas sur son exactitude.
- L’archétype de marque. OpenAI classe noCRM en traditionaliste, Perplexity et Gemini en disrupteur. Pour une marque dont tout le positionnement repose sur l’anti-CRM, la première étiquette surprend et illustre bien l’effet du corpus disponible.
Signalons un point qui joue en faveur de l’outil : la section « analyse des sources » indique explicitement, pour OpenAI, que les données fiables ne sont pas disponibles et que l’analyse s’appuie sur des schémas connus du marché CRM. L’outil signale donc lui-même quand il extrapole. Encore faut-il le lire, mais l’information est là, et beaucoup d’outils concurrents ne l’affichent pas.
Ce qui tient très bien
- Les sources nommées. Perplexity liste précisément les pages qui nourrissent sa perception, avec un score par source : sites d’avis spécialisés, profil LinkedIn de l’entreprise, fiche de distribution d’application, base de données SaaS. Vous pouvez les ouvrir une par une et vérifier. C’est la partie la plus directement exploitable du rapport.
- Les thèmes narratifs. Les trois moteurs convergent : CRM simple et orienté vente, alternative légère aux CRM traditionnels, positionnement anti-CRM centré sur l’action commerciale, solution française née à Paris en 2013. Toute personne connaissant noCRM reconnaîtra un résumé fidèle. C’est précieux, parce que ce sont ces phrases qui ressortiront devant vos prospects.
- L’indicateur de polarisation. Noté 38, 28 et 15 selon les moteurs, il mesure si le marché est divisé à votre sujet. Un chiffre bas signale un consensus, un chiffre haut des avis tranchés. Peu d’outils proposent cette lecture et elle est stratégiquement utile.
- Les axes de croissance. Renforcer la différenciation face aux CRM généralistes, développer l’écosystème d’intégrations, mieux adresser les équipes en croissance. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est juste, cohérent d’un moteur à l’autre et directement transposable en feuille de route contenu.
Notre conseil de lecture : commencez par les thèmes narratifs et la liste des sources, pas par les jauges. Les phrases que les IA emploient pour décrire votre marque et les pages qui les alimentent vous donnent un plan d’action immédiat. Les scores, eux, servent surtout de repère directionnel et de point de comparaison entre concurrents.
Le meilleur usage de l’outil n’est pas celui que vous croyez
Voici ce que la page produit mentionne dans une simple question de FAQ, alors que c’est de loin le cas d’usage le plus rentable : l’AEO Grader accepte n’importe quelle marque.
Nous venons d’ailleurs de le démontrer. noCRM n’est pas notre marque et rien ne nous a empêchés de l’auditer intégralement.
Vous pouvez donc passer vos concurrents au crible, gratuitement, autant de fois que vous le souhaitez. Pour chacun, vous récupérez les phrases exactes que les IA emploient à leur sujet, leurs forces telles que le marché les perçoit, l’archétype qui leur est associé, les sources qui portent leur réputation et leur part de voix face à vous.
Bloquez trente minutes et lancez l’audit sur votre marque puis sur quatre concurrents, en gardant strictement les mêmes paramètres de zone géographique, de catégorie de produit et de secteur. Sans paramètres identiques, la comparaison ne vaut rien. Vous obtenez ensuite une grille de lecture que très peu d’équipes marketing possèdent aujourd’hui : qui est cité, sur quels thèmes, avec quelles sources. C’est un travail de veille concurrentielle qui aurait coûté plusieurs jours il y a deux ans.
Prendre du recul : où en est vraiment le GEO en 2026
Un score sans contexte ne sert à rien. Voici le cadre dans lequel cet outil s’inscrit.
#1 Le déplacement est structurel
Le comportement des acheteurs B2B a changé plus vite que les stratégies d’acquisition. Près de 60 % des recherches Google se terminent désormais sans clic, et ChatGPT dépasse les 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Chez HubSpot, le trafic organique des clients a reculé de 27 % en un an, quand les visiteurs référés par les plateformes IA convertissent 4,4 fois mieux que le trafic organique classique. En France, l’arrivée des AI Overviews de Google a achevé de basculer le dernier grand marché francophone.
La conséquence est simple : votre prospect peut se forger une opinion sur votre catégorie, écarter votre marque et retenir un concurrent sans jamais visiter le moindre site.
#2 Un marché d’outils qui explose
Le secteur est passé de zéro acteur dédié fin 2023 à plus de soixante produits référencés en 2026, à une vitesse de fragmentation supérieure à celle qu’a connue le SEO dans les années 2000.
Les prix vont du gratuit à plusieurs centaines d’euros par mois. Les outils d’entrée démarrent autour de 29 $ pour une quinzaine de prompts suivis, les plateformes de milieu de gamme tournent autour de 90 à 150 € mensuels, et les solutions grands comptes se négocient sur devis. Une offre française se structure également, aux côtés des suites SEO qui ont toutes greffé un module de visibilité IA.
Dans ce paysage, la gratuité de l’AEO Grader est un argument objectif. Pour une équipe qui n’a jamais rien mesuré, souscrire un abonnement avant même de savoir si le sujet est stratégique pour elle est l’erreur classique.
#3 La limite méthodologique que personne ne devrait ignorer
Il faut le dire clairement et ça vaut pour l’ensemble de la catégorie : les modèles de langage ne sont pas déterministes. Posez deux fois la même question, vous obtiendrez deux réponses différentes.
Les travaux de recherche consacrés à la mesure de visibilité en recherche générative sont sans ambiguïté sur ce point. Une requête lancée une seule fois peut produire un résultat sensiblement différent d’une seconde requête effectuée quelques minutes plus tard dans des conditions identiques, si bien qu’une observation unique risque de sur-estimer ou de sous-estimer la présence réelle d’une marque. La conclusion méthodologique qui en découle : la visibilité IA doit se penser comme une probabilité d’être mentionné, mesurée sur des passages répétés, et non comme un classement stable.
Ce que ça implique pour vous est très concret : un score d’AEO Grader est une boussole, pas un indicateur de pilotage. Il indique une direction et il éclaire un diagnostic. Il n’a pas vocation à figurer dans un reporting mensuel ni à servir d’objectif chiffré à une équipe.
Ce qui fait vraiment bouger l’aiguille
Améliorer sa visibilité IA passe moins par l’outillage que par les sources que les modèles consultent.
Quatre leviers ressortent systématiquement :
- Publier des preuves concrètes et chiffrées plutôt que des promesses.
- Maintenir un discours cohérent entre votre site et vos profils tiers.
- Obtenir de la couverture dans des sources reconnues.
- Structurer vos contenus pour qu’ils soient facilement réutilisables par un modèle, avec des sections autonomes et des réponses directes.
Aller plus loin
Notre verdict sur l’AEO Grader
Lancez-le si :
- Vous n’avez jamais mesuré votre visibilité dans les moteurs IA et vous voulez un point de départ sans engager de budget
- Vous voulez cartographier la perception de vos concurrents, ce qui reste son usage le plus rentable
- Vous cherchez à comprendre le récit que les IA construisent autour de votre catégorie
- Vous devez arbitrer en interne sur l’opportunité d’investir dans le sujet et il vous faut un premier faisceau d’indices
Ne comptez pas dessus si :
- Vous cherchez un indicateur à suivre mois après mois, le format ponctuel ne s’y prête pas
- Vous avez besoin de chiffres opposables en comité de direction, les volumes de mentions ne sont pas des mesures d’audience
- Votre marque a fortement évolué depuis dix-huit mois, deux des trois moteurs risquent de ne pas le savoir
Faut-il ensuite passer à HubSpot AEO ?
La question est légitime, parce que tout le parcours du Grader y conduit.
Notre réponse est nuancée.
Les limites que nous venons de documenter sont précisément celles qu’un outil de suivi continu corrige. Là où le Grader génère lui-même des requêtes types, HubSpot AEO suit jusqu’à 25 prompts que vous choisissez, ceux que vos acheteurs formulent vraiment. Là où le diagnostic est ponctuel, le suivi devient hebdomadaire et permet de mesurer une tendance plutôt qu’un instantané. S’y ajoutent le suivi de 10 concurrents et l’identification des sources réellement citées. À 49 € par mois sans abonnement HubSpot requis, le positionnement est agressif face à un marché où les plateformes équivalentes démarrent souvent plus haut.
Le vrai argument différenciant tient toutefois ailleurs et il ne vaut que pour une partie des lecteurs : pour les utilisateurs de HubSpot CRM et de Marketing Hub, les prompts se génèrent à partir des données réelles du CRM, conversations clients et segments enregistrés et les recommandations se branchent directement sur les outils de création de contenu. Vous n’exportez rien, vous agissez dans la foulée. Si vous vivez déjà dans HubSpot, la cohérence est difficile à battre. Si vous n’y êtes pas, comparez sereinement avec les plateformes spécialisées du marché, dont certaines couvrent davantage de moteurs.
HubSpot propose un essai gratuit de HubSpot AEO, sans abonnement HubSpot requis. Cela vous permet de vérifier sur vos propres prompts si le suivi continu vous apporte réellement plus que le diagnostic ponctuel du Grader.
Notre note : 4/5. L’AEO Grader est le meilleur point d’entrée gratuit pour comprendre ce que les IA racontent sur votre marque, à condition de savoir ce qu’on regarde. Les thèmes narratifs, les sources nommées et la lecture croisée du ressenti et de l’exposition valent largement l’email demandé. Les volumes chiffrés et les parts de voix, eux, se lisent comme des ordres de grandeur et non comme des mesures, et l’écart entre moteurs s’explique en partie par des corpus arrêtés à des dates différentes. Prenez-le pour ce qu’il est, un diagnostic directionnel et gratuit, et vous en tirerez plus de valeur que la plupart des équipes qui se contenteront de regarder la jauge.


