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Avis Figma Make : que vaut l’outil de vibe coding de Figma ?

Publié le , mis à jour le 8 min
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Maxime Ben Bouaziz

Rédacteur en chef

Maxime est un des éditeurs du site de Salesdorado. Spécialiste en inbound marketing et passionné de stratégie média.

Le vibe coding est la déferlante logicielle du moment. Lovable revendique plusieurs millions d’utilisateurs conquis en un an, v0 et Bolt saturent les fils LinkedIn de démos d’applications « construites en 20 minutes sans écrire une ligne de code ». Et au milieu de cette mêlée, Figma a dégainé sa propre réponse : Figma Make.

Se demander si Make est meilleur que Lovable est la mauvaise question. Tous ces outils tournent sur les mêmes grands modèles d’IA, Claude d’Anthropic en tête. La seule vraie singularité de Make est ailleurs : c’est le seul outil capable de lire nativement vos fichiers et votre design system Figma. Toute la décision tient donc dans une question que peu de personnes ne posent : d’où partez-vous ?

Cet article y répond, avec trois questions en fil rouge :

  • Que peut en faire concrètement une équipe marketing ou commerciale, sans designer ni développeur sous la main ?
  • Combien ça coûte vraiment, depuis que Figma a serré la vis sur les crédits d’IA en mars 2026 ?
  • Make, Lovable ou v0 : lequel choisir selon votre point de départ ?

On a pris Figma Make en main pour le vérifier. Voici notre verdict.

Le vibe coding en deux minutes, pour ceux qui ont un vrai métier

Si vous avez raté le train, rattrapage express. Le vibe coding consiste à décrire ce qu’on veut en langage naturel et à laisser l’IA générer une application web fonctionnelle, qu’on affine ensuite par instructions successives. « Fais-moi un calculateur de ROI avec trois curseurs et un graphique » et trente secondes plus tard, ça existe et ça tourne dans le navigateur.

Le marché s’est structuré à grande vitesse. Lovable domine la catégorie grand public, v0 by Vercel séduit les développeurs front, alors qu’un Bolt joue la flexibilité technique. D’autres arrivent par des angles voisins, comme Claude Design côté Anthropic. Figma Make, lancé mi-2025, est l’entrant le plus scruté, parce qu’il s’adosse à l’outil de design le plus utilisé du monde.

Et contrairement à ce qu’on croit, ce n’est plus une affaire de développeurs. Les équipes commerciales s’en servent pour monter des démos personnalisées par client, les équipes marketing pour des dashboards et des landing pages de test. C’est précisément pour cet usage-là qu’on a évalué Make.

La seule vraie différence de Figma Make : il lit vos maquettes

Quand vous donnez une maquette à Lovable ou à v0, ils la regardent comme une image. Ils en déduisent une interprétation, souvent correcte dans les grandes lignes, mais générique : les espacements dérivent, la typographie approxime, les couleurs s’arrondissent.

Make, lui, accède directement aux métadonnées de vos fichiers Figma. Les tests comparatifs indépendants qui ont mesuré la fidélité de reproduction d’un design sont sans appel : l’accès direct aux données Figma est un avantage structurel que les outils à screenshot ne peuvent pas rattraper.

Ça va plus loin que l’import d’une maquette. Make peut charger le contexte de style d’une bibliothèque Figma, vos couleurs, vos polices, vos composants et s’y tenir dans tout ce qu’il génère. Votre prototype ressemble à votre produit, pas à un template Tailwind de plus.

Le reste de l’expérience est bien pensé pour les allergiques au code :

  • Vous sélectionnez un élément précis et vous promptez dessus, sans toucher au reste
  • Vous éditez directement un texte, une image ou une marge à la main, sans prompt
  • Vous recopiez le résultat en calques dans Figma Design pour continuer à itérer
  • Vous publiez en un clic sur une adresse en figma.site
  • Vous branchez une base Supabase quand il faut de vrais comptes utilisateurs et de vraies données

La contrepartie est tout aussi structurelle. Sans maquettes Figma en amont, cet avantage disparaît et Make redevient un générateur parmi d’autres, plutôt moins ouvert que ses rivaux. Retenez cette symétrie, c’est elle qui décide de tout.

Ce que vous pouvez en faire sans être designer ni développeur

Parlons usages concrets, parce que c’est là que Make devient intéressant pour un lecteur de Salesdorado :

  • La démo commerciale personnalisée est le cas d’usage le plus sous-coté. Plutôt qu’un deck générique, vous montrez au prospect un prototype interactif habillé à ses couleurs, avec ses cas d’usage. Une équipe sales qui travaille avec des maquettes produit existantes peut décliner une démo par compte stratégique en une heure, là où il fallait mobiliser un designer et un développeur pendant une semaine.
  • La landing page de test vient juste derrière. Avant d’investir dans une vraie page, vous prototypez trois variantes d’un message, vous les mettez devant de vrais utilisateurs et vous gardez la gagnante. Pour l’industrialisation ensuite, notre comparatif des outils de landing pages prend le relais et des outils comme LanderMagic jouent ce rôle en spécialiste.

Deux autres usages méritent le détour :

  • Les calculateurs et simulateurs interactifs d’abord, excellents aimants à leads B2B : un calculateur de ROI ou un simulateur de pricing se construit dans Make en une session.
  • Les petits outils internes ensuite, un tableau de suivi, un formulaire malin, un dashboard jetable pour une opération ponctuelle, sans mobiliser la DSI.

Combien coûte Figma Make (et le tour de vis de mars 2026)

C’est ici que le discours ambiant a un an de retard, alors soyons précis.

Premier point : Make ne s’achète pas seul. Figma ne vend aucun produit à l’unité, il faut un forfait global et le bon type de licence. La création sérieuse dans Make suppose une licence Full. Les licences Dev et Collab, moins chères, servent aux autres usages de la suite.

Deuxième point, le vrai changement : le carburant de Make, ce sont les crédits d’IA, décomptés à chaque génération. En 2025, ces limites étaient tolérantes et le récit « Make est inclus, servez-vous » s’est installé. Depuis le 18 mars 2026, Figma applique strictement les quotas de crédits par licence. Chaque forfait embarque une dotation mensuelle et les retours d’usage évoquent des tâches complexes qui consomment une centaine de crédits d’un coup. Les dotations fondent vite dès qu’on itère sérieusement et, au-delà, il faut acheter des recharges.

La grille, en euros :

Forfait Licence Full Crédits d’IA / mois À retenir
Forfait de base Gratuit 500 De quoi tester Make, pas d’en faire un usage régulier
Professional 16 € / mois en annuel 3 000 Le point d’entrée sérieux, seul forfait avec option mensuelle
Organization 55 € / mois, annuel uniquement 3 500 SSO et bibliothèques d’équipe, le saut de prix est brutal
Enterprise 90 € / mois, annuel uniquement 4 250 Grands comptes, sécurité et gouvernance avancées

Les licences Dev (12 € en Professional) et Collab (3 €) plafonnent à 500 crédits mensuels, comme le forfait gratuit. Des recharges de crédits partagés existent en module complémentaire sur tous les forfaits.

La bonne lecture de ce pricing dépend entièrement de votre situation :

  • Si votre entreprise paie déjà des licences Full pour ses designers ou ses PM, Make est un superpouvoir au coût marginal quasi nul, dans la limite des crédits.
  • Si vous devez souscrire à Figma uniquement pour Make, comparez à froid : 16 € par mois face à un Lovable à 25 dollars, l’écart est faible et le second est conçu de bout en bout pour construire des applications.

Attention au compteur
Le réflexe « c’est inclus dans Figma » date de 2025. Depuis mars 2026, chaque génération pioche dans une dotation mensuelle stricte. Avant de bâtir un process d’équipe sur Make, mesurez la consommation réelle de crédits sur un projet pilote, sous peine de découvrir les recharges payantes au pire moment.

Là où Figma Make s’arrête

Le consensus des testeurs indépendants dessine une frontière nette et on la partage après l’avoir éprouvée : Make excelle jusqu’au prototype, pas au-delà.

L’hébergement se fait sur un sous-domaine figma.site, pratique pour partager, limité pour un vrai déploiement. Le code généré n’est pas pensé pour être repris tel quel par une équipe de développement. Et il n’existe pas de synchronisation bidirectionnelle avec GitHub à la manière de Lovable, qui permet de sortir son projet, de le retravailler dans un environnement de développement et de le réimporter. Make vit dans Figma, c’est sa force et sa clôture.

Soyons honnêtes sur ce que les concurrents font mieux. Pour livrer un vrai MVP utilisable, avec base de données, authentification et hébergement gérés de bout en bout par quelqu’un qui ne sait pas coder, Lovable reste la référence de la catégorie. Pour obtenir du code front propre à remettre à des développeurs, v0 garde l’avantage.

Une mise en garde vaut pour toute la catégorie, Make compris : des chercheurs de Stanford ont montré que la grande majorité des applications générées par IA embarquent au moins une vulnérabilité exploitable. Un prototype, une démo ou un test s’en accommodent très bien. Un outil qui manipule de vraies données clients, jamais sans revue technique.

Figma Make, Lovable ou v0 : tout dépend d’où vous partez

Le tableau de décision, débarrassé des débats de features :

Critère Figma Make Lovable v0
Point de départ idéal Des maquettes Figma existantes Une idée, une page blanche Un besoin d’interface front précis
Fidélité à votre design Excellente, lecture native des fichiers Approximative, interprétation d’image Approximative, interprétation d’image
Aller jusqu’à la vraie app Possible via Supabase, pas sa vocation Son cœur de métier, GitHub compris Front seulement, à assembler soi-même
Modèle de prix Inclus dans les forfaits Figma, crédits limités Abonnement dédié dès 25 $ / mois Offre gratuite généreuse, plans payants ensuite
Profil idéal Équipes déjà équipées de Figma Fondateur ou marketeur parti de zéro Profils à l’aise avec un minimum de technique

Le tranchage tient en deux situations :

  • Votre entreprise travaille déjà dans Figma, avec des designers, une équipe produit ou une agence qui maintient des maquettes ? Make est le chemin le plus court entre ces maquettes et un prototype crédible, au coût marginal le plus bas du marché.
  • Vous partez de zéro, sans fichier Figma ni licence ? Make perd son seul avantage décisif. Lovable vous emmènera plus loin pour un tarif comparable, et v0 suffit largement pour de l’interface pure.

Les forces et les limites de Figma Make

  • Fidélité au design inégalée grâce à la lecture native des fichiers Figma
  • Cohérence de marque automatique via les bibliothèques de styles
  • Coût marginal quasi nul si l’entreprise paie déjà des licences Full
  • Édition directe des résultats, sans reprompt permanent
  • Supabase intégré pour dépasser le prototype statique
  • Publication instantanée pour partager et tester
  • Intérêt qui s’effondre sans maquettes Figma en amont
  • Crédits d’IA strictement plafonnés depuis mars 2026
  • Impossible à acheter seul, verrouillé dans les forfaits Figma
  • Code non exploitable pour un passage en production
  • Hébergement limité au sous-domaine figma.site, sans synchronisation GitHub

Notre avis final sur Figma Make

Figma Make est un excellent outil qu’il faut choisir pour la bonne raison.

Ce n’est pas le meilleur générateur d’applications du marché et il ne cherche pas à l’être. C’est le meilleur pont entre des maquettes Figma et un prototype fonctionnel, de très loin.

Sa lecture native des fichiers et des bibliothèques produit une fidélité que Lovable et v0, condamnés à interpréter des images, n’atteignent pas. C’est un levier immédiat pour une équipe marketing ou commerciale qui évolue dans une entreprise déjà équipée de Figma : démos personnalisées, landing pages de test, calculateurs à leads, outils internes, sans mobiliser un développeur.

Hors de ce contexte, le verdict s’inverse. Sans maquettes en amont, Make redevient un générateur ordinaire, enfermé dans un abonnement Figma et un compteur de crédits devenu strict. Celui qui part d’une page blanche sera mieux servi par Lovable pour construire, ou par v0 pour de l’interface.

Un dernier repère pour décider : le forfait gratuit et ses 500 crédits mensuels suffisent pour vous faire une opinion sur vos propres maquettes en une après-midi. C’est le test qui tranche.

Tester Figma Make gratuitement
Figma Make est accessible dès le forfait gratuit de Figma, avec 500 crédits d’IA par mois, de quoi générer vos premiers prototypes à partir de vos maquettes et juger sur pièces.

À propos de l'auteur

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Maxime Ben Bouaziz

Maxime est un des éditeurs du site de Salesdorado. Spécialiste en inbound marketing et passionné de stratégie média.