Le premier réflexe, quand on décide d’enregistrer ses appels de vente, consiste à brancher un preneur de notes IA sur son agenda. Ça marche très bien en visioconférence. Au premier rendez-vous téléphonique, en revanche, il n’y a rien à enregistrer : le robot n’a aucune réunion à rejoindre…Vous cherchez un Fireflies pour téléphone ? Vous êtes au bon endroit.
Entre un preneur de notes à 15 euros et une plateforme à 500 euros par mois, la différence ne se joue pas sur la qualité de l’IA (car, oui, évidemment, tous ces outils sont basés sur l’IA) mais sur ce que l’outil sait capter :
- Lequel enregistre vraiment vos appels téléphoniques (et pas juste vos visios…) ?
- À partir de quelle taille d’équipe une plateforme à plusieurs centaines d’euros par mois devient-elle rentable ?
On a comparé dix outils, avec les prix réels pour une équipe de cinq commerciaux. Voici notre sélection complète.
Sommaire
Quel outil choisir pour enregistrer et analyser ses appels ?
Pour une petite équipe qui vend en visio, Fathom offre le meilleur rapport simplicité-prix, avec un plan gratuit réellement utilisable. Pour alimenter le CRM sans saisie manuelle, Modjo domine le marché français. Enfin, pour capter des appels téléphoniques, il faut passer par votre standard : Ringover, Aircall ou Allo.
| Outil | Ce qu’il capte | Idéal pour | Éditeur et données | Prix d’entrée |
|---|---|---|---|---|
| Fathom | Visio | Démarrer sans budget | États-Unis | Gratuit, puis 15 $/utilisateur/mois |
| Fireflies | Visio | Chercher dans l’historique des appels | États-Unis | Gratuit, puis 10 $/utilisateur/mois en annuel |
| Noota | Visio, présentiel, imports | Rester sur un éditeur européen | France, données en Europe | Gratuit, puis 19 $/utilisateur/mois en annuel |
| Leexi | Visio, présentiel, téléphonie connectée | PME francophones | Belgique, hébergement AWS Europe | 12 €/utilisateur/mois en annuel |
| Modjo | Visio, téléphonie, emails | Remplir le CRM sans saisie | France, hébergement à Paris | Sur devis, contrat annuel |
| Claap | Visio, sans robot dans la réunion | Démarrer en libre-service | France | Gratuit, puis 24 €, CRM à 48 € |
| Gong | Visio et téléphonie | Grandes organisations commerciales | États-Unis | Sur devis, frais de plateforme en plus |
| Ringover | Téléphone | Activer l’analyse à la carte | France | Dès 20 €, module Empower à 39 € |
| Aircall | Téléphone | Équipes structurées et outillées | France | Dès 30 €/utilisateur, 3 licences minimum |
| Allo | Téléphone | Très petites équipes | France | 120 € par an en solo, 25 € /licence à deux et plus |
Nos recos en synthèse, si vous n’avez pas le temps de lire la suite :
- Vous vendez surtout en visio, à quelques-uns : Fathom en version gratuite, puis son plan Business le jour où le CRM devient le sujet.
- Vous vendez surtout au téléphone : commencez par votre standard, pas par un preneur de notes. Allo pour une toute petite équipe, Ringover ou Aircall au-delà.
- Vos données doivent rester en Europe : Noota, Leexi ou Modjo, selon le budget et la profondeur d’analyse attendue.
- Votre vrai sujet, c’est la saisie CRM : Modjo si vous êtes sur Salesforce ou HubSpot, Claap si vous voulez un prix public et un démarrage sans commercial.
- Vous pilotez plus de cinquante commerciaux : Gong reste la référence, à condition d’assumer son modèle tarifaire.

Enregistrer ses appels en visio : Fathom, Fireflies, Noota, Leexi
Ces quatre outils fonctionnent sur le même principe : un robot rejoint votre réunion Meet, Teams ou Zoom, enregistre, transcrit, puis rédige le compte rendu. Ils ne voient rien de ce qui se passe au téléphone. Comptez de 10 à 50 euros par utilisateur et par mois.
Fathom : le plan gratuit le plus généreux du marché

- Capture : visioconférence (Meet, Teams, Zoom)
- Tarif : gratuit, puis 15 à 25 $ par utilisateur et par mois en annuel
- Éditeur : américain
Le plan gratuit de Fathom enregistre et transcrit sans limite de durée ni de volume, avec cinq résumés IA par mois. Honnêtement, c’est largement suffisant pour un indépendant ou un commercial qui teste. Le résumé tombe une trentaine de secondes après la fin du rendez-vous, avant votre appel suivant.
Les templates de compte rendu suivent les méthodologies de vente (MEDDPICC, SPICED, BANT), ce qui évite les synthèses génériques. Le plan Business à 25 $ ouvre la synchronisation CRM avec champs personnalisés, la vue par deal et les grilles de scoring.
Deux réserves :
- L’éditeur est américain, ce qui pèse dans certains comités d’achat.
- La limite de cinq résumés mensuels sur le plan gratuit se fait sentir dès deux rendez-vous par jour.
Le plan gratuit suffit pour juger la qualité de transcription sur vos propres rendez-vous, sans carte bancaire.
Fireflies : la bibliothèque consultable de tous vos appels

- Tarif : gratuit, puis 10 $ par utilisateur et par mois en annuel, jusqu’à 39 $
- Éditeur : américain
Fireflies transcrit sans limite dès le plan gratuit. Ce qui se paie, c’est le stockage et les crédits IA. Le plan Business à 19 $ en annuel ajoute l’analyse conversationnelle et les statistiques d’équipe, le plan Enterprise à 39 $ apporte le SSO, les journaux d’audit et surtout la durée de conservation personnalisable.
Retenez ce dernier point : c’est exactement le réglage dont vous aurez besoin pour tenir les durées de conservation détaillées plus bas. Chez la plupart des éditeurs, il est réservé au palier le plus cher.
Son autre force, c’est la recherche. Retrouver toutes les fois où un prospect a mentionné un concurrent, sur six mois d’appels, prend quelques secondes. Plus d’informations sur le site de Fireflies.
Noota : l’éditeur français pour garder ses données en Europe

- Capture : visio, rendez-vous en présentiel, imports de fichiers
- Tarif : gratuit jusqu’à 300 minutes, puis 19 $ et 39 $ par utilisateur en annuel
- Éditeur : français, données hébergées en Europe
Noota fait le travail d’un preneur de notes classique, avec deux arguments qui comptent pour une PME française : un éditeur basé en France et un hébergement européen. Les comptes rendus sont structurés par modèles et les intégrations couvrent aussi bien les CRM que les outils de recrutement.
Le plan Business ajoute une fonctionnalité rare et directement utile : la gestion du consentement des participants. Quand vous arriverez à la section sur l’information des interlocuteurs, vous comprendrez pourquoi ce détail vaut son prix.
La limite du plan Pro tient au quota de 1 000 minutes mensuelles, vite consommé par un commercial qui enchaîne les rendez-vous.
Le plan gratuit donne 300 minutes par mois, de quoi mesurer la qualité de la transcription en français avant de vous engager.
Leexi : le preneur de notes qui se branche sur la téléphonie

- Tarif : 12 €, 23 € puis 39 € par utilisateur et par mois en facturation annuelle
- Éditeur : belge, hébergement sur AWS Europe
- Essai : 7 jours, sans plan gratuit permanent
Leexi est l’outil le plus proche de Noota sur le papier, avec une différence qui intéresse les équipes commerciales : le plan Business à 39 € connecte à la fois le CRM et les systèmes de téléphonie. C’est le seul preneur de notes de cette sélection qui prétend couvrir les deux canaux.
Attention au découpage des offres. Le plan Starter à 12 € enregistre et résume, mais n’envoie rien vers vos autres outils. Les intégrations démarrent à 23 €, le CRM et la téléphonie à 39 € et les analyses de performance sont réservées au palier Enterprise, sans prix public.
Le détail des offres se trouve sur le site de Leexi.
Analyser ses appels de vente dans le CRM : Modjo, Claap, Gong
Changement de catégorie. Ici, l’enregistrement n’est qu’une matière première. Ce que vous achetez, c’est le remplissage automatique du CRM, le scoring des appels, la lecture du portefeuille et le coaching qui va avec. Le prix change d’échelle, l’engagement aussi.
Modjo : la référence française du remplissage automatique du CRM

- Capture : visio, téléphonie et emails
- Tarif : sur devis, contrat annuel, pas d’essai en libre-service
- Éditeur : français, données hébergées à Paris
Modjo se branche sur votre téléphonie et envoie son robot dans vos visios, puis alimente Salesforce ou HubSpot champ par champ. C’est la promesse principale et c’est aussi la limite : sur Pipedrive, Zoho ou Dynamics, vous perdez la fonctionnalité la plus différenciante.
Le modèle de licences est bien pensé. Seuls les utilisateurs enregistrés sont facturés, l’écoute est gratuite et illimitée pour les managers et la direction. L’ordre de grandeur constaté tourne autour d’une centaine d’euros par licence et par mois, dégressif avec le volume, comme le détaille notre avis complet sur Modjo.
Modjo ne propose pas d’essai libre-service : arrivez à la démo avec votre volumétrie d’appels et la liste de vos outils pour obtenir un chiffrage rapidement.
Claap : un prix public face aux plateformes sur devis

- Tarif : gratuit, 24 € par utilisateur, puis 48 € pour le remplissage du CRM
- Particularité : enregistrement sans robot visible dans la réunion
Claap, passé dans le giron de lemlist, joue sur deux tableaux. À 24 €, c’est un très bon preneur de notes. À 48 €, vous récupérez le remplissage du CRM, le coaching et les tableaux d’analyse des deals. Le tout affiché publiquement, sans engagement annuel obligatoire.
Sa singularité, c’est l’enregistrement sans robot. Aucun participant fantôme n’apparaît dans la réunion, ce qui supprime une friction commerciale réelle. En contrepartie, l’annonce de l’enregistrement repose entièrement sur vous, et cela change vos obligations. On y revient plus bas. Notre avis détaillé sur Claap compare les paliers.
Gong : la plateforme des grandes organisations commerciales

- Tarif : sur devis, licence par utilisateur plus frais de plateforme annuels
- Éditeur : américain
Gong reste devant sur la prévision des ventes et l’analyse de portefeuille. Les modules d’engagement et de forecasting se facturent séparément, ce qui alourdit vite l’addition.
Les prix ne sont pas publics. D’après les données d’achat compilées par la plateforme Vendr et reprises par plusieurs analyses de marché, la licence se situe entre 1 300 et 1 900 dollars par utilisateur et par an, auxquels s’ajoutent des frais de plateforme annuels de 5 000 à 50 000 dollars selon la taille de l’entreprise. Ce sont ces frais fixes qui disqualifient Gong pour une équipe de moins de vingt commerciaux, puisqu’ils ne diminuent pas avec le nombre de licences.
Gong ne publie aucun tarif : demandez le détail des frais de plateforme et des modules avant toute comparaison avec un concurrent européen.
Enregistrer ses appels téléphoniques : Ringover, Aircall, Allo
Si vos commerciaux passent leurs journées au téléphone, aucun preneur de notes ne vous sauvera. L’enregistrement se déclenche dans le standard, pas dans la visio. L’analyse vient ensuite, soit en module additionnel, soit via une plateforme branchée sur votre téléphonie.
Ringover : l’analyse conversationnelle en module séparé

- Tarif : à partir de 20 € par utilisateur et par mois
- Module Empower : 39 € par licence et par mois
- Éditeur : français
Ringover inclut la transcription et les résumés d’appels sur ses forfaits supérieurs. L’analyse conversationnelle poussée, elle, passe par le module Empower, facturé à part.
Ce découpage a un avantage que peu de comparatifs relèvent : vous équipez uniquement les commerciaux concernés. Trois licences Empower sur une équipe de dix coûtent moins cher qu’une plateforme facturée à tout le monde. Ringover se connecte par ailleurs aux plateformes de conversation intelligence, Modjo compris, si vous voulez séparer la téléphonie de l’analyse.
L’essai gratuit inclut quelques licences Empower, de quoi juger l’analyse conversationnelle sur vos vrais appels.
Aircall : l’écosystème d’intégrations le plus large

- Tarif : à partir de 30 € par utilisateur et par mois, avec un minimum de trois licences
- Fonctions IA facturées en supplément
- Éditeur : français
Aircall reste la référence pour les équipes déjà outillées, avec plus de cent intégrations natives et des fonctions de coaching en direct comme la double écoute et le chuchotement. Les fonctions IA, transcription comprise, sont facturées en option, ce qui gonfle la facture par rapport à l’affichage d’entrée.
Le minimum de trois licences exclut de fait les indépendants. Pour trancher entre les deux acteurs français, notre avis sur Aircall entre dans le détail des forfaits.
Aircall propose un essai gratuit : profitez-en pour vérifier le comportement de la transcription sur vos appels sortants.
Allo : la téléphonie avec IA incluse pour les petites équipes

- Tarif : 120 € par an en solo, 25 € /licence à deux et plus
- Éditeur : français
Allo inclut la transcription et les résumés automatiques dans ses deux forfaits, sans module supplémentaire. Pas de licence minimum non plus, ce qui en fait la seule option crédible pour un indépendant ou un binôme qui veut enregistrer proprement ses appels. L’essai dure sept jours. Notre avis sur Allo détaille le calcul selon la taille d’équipe.
Pour des volumes de centre de contact, regardez plutôt Diabolocom ou CloudTalk, et notre comparatif des logiciels de phoning.
Appels de vente : ce que ces outils n’enregistrent pas
Avant de signer, vérifiez que l’outil couvre vraiment vos conversations.
Quatre angles morts reviennent systématiquement :
- Le téléphone mobile hors standard cloud. Un commercial qui appelle depuis son portable personnel, sans application de téléphonie d’entreprise, n’est capté par aucun de ces outils. C’est le cas le plus fréquent dans les PME et le plus mal traité par les comparatifs.
- Les rendez-vous en face à face. Seuls Noota et Leexi proposent une application mobile capable d’enregistrer une réunion physique. Les autres supposent une visio ou une ligne téléphonique.
- Les échanges écrits. WhatsApp, LinkedIn et les SMS échappent à tous ces outils, alors qu’une partie de la négociation s’y déroule. Seul Modjo capte aussi les emails.
- Le robot lui-même. Un participant nommé « Fathom Notetaker » ou « Noota Bot » qui rejoint la réunion se voit, et il change parfois la dynamique du rendez-vous. Claap est le seul de cette sélection à enregistrer sans robot, ce qui règle la friction commerciale mais déplace vers vous la charge d’annoncer l’enregistrement.

Le meilleur outil est celui qui couvre le canal sur lequel vous vendez réellement, pas celui qui a la plus longue liste de fonctionnalités. Comptez vos rendez-vous de la semaine dernière, séparez visio et téléphone, et achetez pour la colonne la plus remplie. Nos conseils pour vendre en visioconférence complètent utilement le sujet.
Combien coûte un outil d’analyse des appels de vente ?
Trois modèles de facturation cohabitent :
- Les preneurs de notes facturent par utilisateur.
- Les solutions de téléphonie facturent un forfait puis un module d’analyse.
- Les plateformes ajoutent des frais fixes au prix des licences.
Voici ce que donne une équipe de cinq commerciaux, sur la base des tarifs annuels affichés par les éditeurs.
| Solution pour 5 commerciaux | Coût mensuel indicatif | Ce que vous obtenez |
|---|---|---|
| Fathom Business | 125 $ | Comptes rendus et synchronisation CRM sur les visios |
| Noota Business | 195 $ | La même chose, avec un éditeur français |
| Claap Business | 240 € | Remplissage du CRM, coaching et analyse des deals |
| Ringover Business et Empower | 430 € | Téléphonie complète et analyse conversationnelle |
| Modjo | Environ 500 € | Capture multicanale, CRM alimenté, licences d’écoute gratuites |
| Gong | Sur devis | Licences, frais de plateforme et modules facturés à part |
Quatre pièges à surveiller :
- Les fonctions IA vendues en supplément chez les opérateurs télécoms : le forfait affiché ne comprend presque jamais l’analyse.
- Les licences dormantes, puisque vous payez pour chaque commercial équipé, qu’il enregistre deux appels ou quarante par semaine.
- L’engagement annuel, la règle chez les plateformes sur devis.
- La facturation en dollars chez les éditeurs américains, qui expose votre budget aux variations de change.
Deux questions à poser en démo, avant de parler prix : d’abord, que devient le tarif si vous ajoutez des licences en cours d’année ? Et ensuite que deviennent vos enregistrements à la fin du contrat, sous quel format et sous quel délai de suppression ? Une réponse floue sur le second point en dit long sur la maturité de l’éditeur.
Enregistrement des appels : les 6 réglages à faire au départ
La quasi-totalité de ces outils s’installe avec des réglages par défaut pensés pour capter le maximum. Quinze minutes de paramétrage suffisent à remettre le dispositif dans les clous et à éviter la conversation désagréable avec un commercial qui découvre que tous ses appels sont archivés depuis deux ans :
- Passez d’un enregistrement systématique à un enregistrement choisi. Déclenchement manuel, ou limité à certains types de rendez-vous. C’est le réglage le plus important et le plus souvent ignoré.
- Fixez une durée de conservation et vérifiez qu’elle s’applique vraiment. La purge automatique n’existe pas chez tous les éditeurs (ou seulement sur les plans hauts).
- Désactivez l’analyse des émotions si l’outil la propose. Elle est souvent activée par défaut sous le nom d’analyse de sentiment.
- Restreignez les accès. Un manager commercial n’a pas besoin d’écouter les appels d’un autre service, et les intégrations donnent parfois accès à tout l’historique.
- Excluez les lignes et les appels personnels. Prévoyez une ligne non enregistrée ou un bouton de coupure accessible pendant l’appel.
- Préparez l’annonce et la page d’information. Une phrase en début d’appel, un lien vers la description complète du traitement et le sujet est réglé.

Enregistrer les appels de ses commerciaux : que dit la CNIL ?
Le cadre est ancien, stable et plus simple que sa réputation. Dans sa fiche sur le contrôle de l’activité des personnes employées, la CNIL pose trois conditions cumulatives :
- Le dispositif doit être proportionné à son objectif.
- Le comité social et économique doit être consulté dans les entreprises d’au moins cinquante salariés.
- Les personnes doivent être informées avant la mise en place.
La fiche dédiée à l’écoute et l’enregistrement des appels sur le lieu de travail précise les limites. L’enregistrement se justifie pour la formation, l’évaluation ou l’amélioration de la qualité du service, mais il ne peut pas être permanent ni systématique. Les salariés doivent disposer de lignes non reliées au dispositif ou d’un moyen de couper l’enregistrement pour leurs appels personnels.
Deux durées à retenir : six mois maximum pour les enregistrements, un an pour les documents d’analyse qui en sont tirés. La CNIL recommande même de supprimer la bande rapidement une fois le compte rendu rédigé.
Côté client, l’information se fait en deux temps :
- Une mention orale en début d’appel, qui indique l’existence de l’enregistrement, sa finalité et la possibilité de s’y opposer.
- Puis un renvoi vers une information complète, sur une page web par exemple.
- Le point souvent oublié : votre interlocuteur doit pouvoir exercer son opposition avant la fin de la conversation, ce qui suppose un moyen simple de couper l’enregistrement en cours d’appel.
Rien de tout cela n’empêche d’utiliser ces outils. C’est même l’inverse : les six réglages ci-dessus couvrent l’essentiel des exigences, à condition de les faire avant de déployer l’outil à toute l’équipe.
Analyse des émotions sur les appels : ce que dit l’AI Act
Un point mérite une attention particulière, parce qu’il concerne une fonctionnalité mise en avant par presque tous les éditeurs. L’article 5 du règlement européen sur l’intelligence artificielle interdit les systèmes destinés à déduire les émotions d’une personne sur son lieu de travail, sauf pour des raisons médicales ou de sécurité. Cette interdiction s’applique depuis février 2025 et les reports annoncés depuis ne la concernent pas : ils portent sur les systèmes à haut risque.
Concrètement, un outil qui déduit l’état émotionnel de votre commercial à partir de l’intonation de sa voix entre dans le champ de l’interdiction. C’est l’utilisateur du système, donc l’employeur, qui en répond. En France, la Direction générale des Entreprises désigne la CNIL comme autorité de contrôle sur ce point précis.
La nuance utile : l’interdiction vise l’inférence des émotions à partir de données biométriques comme la voix. Un score calculé sur le texte d’une transcription relève d’une autre analyse, à examiner avec votre conseil. Dans le doute, la position raisonnable consiste à couper la fonctionnalité côté commerciaux et à demander à l’éditeur comment son indicateur est calculé.
Questions fréquentes sur l’enregistrement des appels de vente
Un preneur de notes IA peut-il enregistrer un appel téléphonique ?
Non, sauf s’il est connecté à votre standard. Fathom, Fireflies ou Noota rejoignent une visioconférence : sans réunion en ligne, ils n’ont rien à enregistrer. Pour le téléphone, l’enregistrement se déclenche côté téléphonie, puis l’analyse se fait dans l’outil ou dans une plateforme branchée dessus.
Quel outil gratuit pour enregistrer et analyser ses appels ?
Fathom propose le plan gratuit le plus généreux, avec enregistrements et transcriptions illimités et cinq résumés IA par mois. Fireflies transcrit aussi sans limite en version gratuite, avec un stockage plafonné. Noota offre 300 minutes mensuelles. Aucune de ces offres ne couvre le téléphone.
Peut-on enregistrer un appel client sans le prévenir ?
Non. L’information préalable est une obligation, pour les salariés comme pour les interlocuteurs et elle doit intervenir assez tôt dans l’échange pour que la personne puisse s’y opposer.
Combien de temps peut-on conserver un enregistrement d’appel ?
Six mois au maximum pour l’enregistrement lui-même, un an pour les comptes rendus et grilles d’analyse, sauf texte imposant une autre durée. La bonne pratique consiste à exploiter l’enregistrement rapidement, puis à ne garder que le document d’analyse.
