Claap est né en 2021 comme un outil de vidéo asynchrone, une sorte de Loom à la française. Cinq ans et un pivot complet plus tard, c’est devenu une plateforme de revenue intelligence rachetée par lemlist, qui promet de transformer chacun de vos appels commerciaux en données exploitables par votre CRM et vos agents IA.
La promesse est séduisante, mais le plan gratuit est symbolique et tout ce qui justifie vraiment l’achat commence à 48 € par utilisateur et par mois.
Claap peut-il remplacer Modjo pour une équipe commerciale française ? Les Smart Tables sont-elles une vraie rupture ou un bel argument marketing ? Et que change le rachat par lemlist si vous n’utilisez pas lemlist ?
Découvrez notre avis complet sur Claap.

Sommaire
Notre avis sur Claap en résumé
| Périmètre | Score | Notre avis |
|---|---|---|
| Note globale | 4,2 | Claap occupe un espace laissé vide entre les preneurs de notes gratuits et les plateformes de conversation intelligence sur devis. Une très bonne option pour les PME qui veulent structurer leurs conversations commerciales sans budget enterprise. |
| Adoption et simplicité | 4,6 | Opérationnel en quelques minutes, en libre-service, sans projet de déploiement. L’interface est limpide et les commerciaux l’adoptent sans formation. C’est le point fort le plus net face à la catégorie du dessus. |
| Données et enrichissement CRM | 4,4 | Le remplissage automatique du CRM (champs personnalisés compris) fonctionne très bien et les Smart Tables transforment vos calls en base de données interrogeable. Le pari le plus intéressant du produit. |
| Coaching IA | 4,0 | Chaque call est scoré selon votre méthodologie (MEDDIC, SPICED, BANT ou la vôtre), avec temps de parole et objections taguées. Efficace pour coacher à l’échelle, moins profond que Modjo pour un programme de revue d’appels mené par les managers. |
| Rapport qualité-prix | 4,1 | Des prix publics, sans engagement ni frais de déploiement, ce qui est rare sur ce marché. Mais le plan gratuit est anecdotique et les fonctionnalités commerciales sont toutes réservées au plan Business à 48 €. |
| Intégrations | 4,0 | HubSpot, Salesforce, Attio et Pipedrive côté CRM, Aircall et Ringover côté téléphonie, plus Slack, Notion, Zapier, Make et n8n. Large pour la cible, sans atteindre la profondeur d’écosystème d’un Gong. |
Claap propose un plan gratuit sans carte bancaire, suffisant pour juger l’interface et la qualité des transcriptions. Pour tester les fonctionnalités commerciales du plan Business, il faut demander l’activation d’un essai auprès de l’équipe.
Claap : trois vies en quatre ans (et pourquoi ça vous concerne)
Pour bien évaluer Claap, il faut comprendre d’où vient l’outil. Son histoire explique à la fois ses forces les plus originales et sa principale zone d’incertitude :
- Première vie, 2021. Robin Bonduelle et Pierre Touzeau, un ancien de 360Learning biberonné à la culture du zéro réunion, lancent une plateforme de collaboration vidéo asynchrone. Le pitch de l’époque tient en une formule : un mélange de Loom, de Gong et de YouTube pour les startups. Kima Ventures (le fonds de Xavier Niel), LocalGlobe et Headline mettent 3 millions de dollars au pot.
- Deuxième vie : le pivot. Le marché de la vidéo asynchrone se referme (Loom lui-même finit racheté par Atlassian fin 2023) et Claap bascule entièrement vers les équipes commerciales. Enregistrement d’appels, notes IA, enrichissement CRM, coaching : la croissance suit, rentable, avec environ 700 clients à l’automne 2025 et des références comme Qonto, Revolut, Payfit ou Brevo.
- Troisième vie : le 20 octobre 2025, lemlist rachète Claap. Une transaction à huit chiffres, entièrement autofinancée par une scale-up qui n’a jamais levé un euro, avec la sortie des investisseurs historiques. Le récit officiel porte un nom, le “smartbound” : les signaux d’achat captés dans vos conversations déclenchent des séquences de prospection ciblées au bon moment, à l’opposé des campagnes de masse.
Pourquoi cette histoire vous concerne ?
- D’abord parce que l’héritage vidéo n’a pas disparu : Claap conserve des fonctionnalités d’édition, de montage, de partage d’extraits et de bibliothèque vidéo qu’aucun concurrent de sa catégorie ne propose.
- Ensuite parce que le rachat pose une vraie question d’acheteur. Les moyens et la roadmap s’accélèrent, les prix et les contrats restent officiellement inchangés, mais rien ne garantit que les priorités produit ne pencheront pas progressivement vers l’écosystème lemlist.
Si vous utilisez déjà lemlist, c’est un signal très positif. Sinon, c’est un point à surveiller et on y revient dans le verdict.
Ce qui distingue vraiment Claap : vos conversations deviennent une base de données
En 2026, enregistrer et transcrire un appel n’a plus rien de différenciant. Fathom le fait gratuitement, Teams et Meet le font nativement, votre CRM commence à le faire aussi. La bataille s’est déplacée sur ce qu’on fait de la matière.

L’approche classique produit un compte-rendu par appel. Des fiches bien rangées, qu’on ouvre une par une. L’approche de Claap est différente : chaque conversation alimente des Smart Tables, des tableaux dans lesquels chaque call devient une ligne et chaque information extraite par l’IA devient une colonne.

Concrètement, vous définissez un champ (budget évoqué, concurrent cité, niveau d’urgence, décisionnaire identifié) et Claap le remplit automatiquement à chaque nouvel appel.

Deux propriétés rendent le système réellement puissant :
- Les champs s’appliquent rétroactivement. Vous créez aujourd’hui un champ “mention d’un concurrent” et Claap l’applique à tout votre historique d’appels. Votre process de qualification évolue, vos données suivent, sans rien réécouter.
- Les données s’agrègent par deal et par compte, puis se synchronisent vers HubSpot ou Salesforce. Une question du type “tous les deals perdus au T2 où Salesforce a été cité comme concurrent” trouve une réponse en quelques secondes.

La deuxième brique, c’est le MCP (Model Context Protocol), un connecteur standardisé qui permet à des agents IA externes, comme Claude, ChatGPT ou les agents lemlist, d’interroger directement vos données de conversation structurées plutôt que des transcripts de 40 pages.
Vous pouvez générer une battlecard concurrentielle à partir de vos vrais calls, alimenter une séquence de relance avec le contexte exact du dernier échange ou analyser vos objections récurrentes du trimestre. Le MCP de Claap est en production depuis juin 2025, avec environ un an d’avance sur ses concurrents directs.
C’est le pari le plus intéressant de Claap et le plus en avance sur son marché. Mais soyons honnêtes : sans un minimum d’appétence pour les agents IA ou une personne qui joue le rôle de RevOps, vous n’exploiterez qu’une fraction de cette machinerie. Si votre besoin s’arrête au compte-rendu automatique, un simple preneur de notes suffit, pour beaucoup moins cher.

L’enregistrement sans bot : très bon pour la vente, à encadrer juridiquement
Claap enregistre nativement sur Zoom, Google Meet et Microsoft Teams, sans participant fantôme dans la réunion. Les appels passés via Aircall ou Ringover sont capturés à la source, les fils d’emails liés au deal sont synchronisés. Une extension Chrome, une application desktop et une app mobile couvrent le reste, rendez-vous physiques compris via l’import ou l’enregistrement direct. Aucun angle mort dans la capture, c’est rare. Et sur le terrain, ça change l’ambiance des rendez-vous en visio.
Mais ce confort déplace une responsabilité. Un bot visible informe de facto les participants qu’ils sont enregistrés. Un enregistrement natif, non. Claap notifie automatiquement les participants et fournit des indicateurs d’enregistrement ainsi que des outils de gestion du consentement, mais l’éditeur le dit lui-même : la conformité finale reste de votre côté.
En France comme dans la plupart des pays européens, enregistrer une conversation commerciale sans en informer votre interlocuteur vous expose sur le terrain du RGPD et du droit au respect de la vie privée. L’outil vous aide à notifier, il ne consent pas à votre place. Cadrez le sujet avec votre juriste avant le déploiement, pas après la première réclamation d’un prospect.
Au quotidien : le CRM se remplit seul, chaque call est coaché
Le cœur de la proposition de valeur, c’est la fin de l’administratif post-call.
Après chaque rendez-vous, Claap génère des notes structurées selon le template adapté (découverte, démo, entretien de renouvellement) et met à jour les propriétés du CRM, champs personnalisés compris, dans HubSpot, Salesforce, Attio ou Pipedrive. Il rédige aussi l’email de suivi dans votre style.
Côté coaching, la philosophie tranche avec celle de Modjo. Plutôt que d’outiller la revue d’appels par les managers, Claap fait évaluer chaque conversation par l’IA : scorecard selon votre framework de vente, répartition du temps de parole, objections automatiquement identifiées.
Chaque commercial reçoit un feedback sur chaque call, sans mobiliser personne. C’est un vrai levier de sales enablement si vous êtes une petite équipe sans directeur commercial à plein temps. Pour une organisation qui a bâti son programme de coaching sur la réécoute managériale, c’est un changement de culture à anticiper.
Notre test a révélé quelques frictions bien :
- Les résumés sont solides sur des calls structurés, mais restent parfois en surface sur des conversations décousues. Nous avons aussi observé des synthèses déséquilibrées quand un intervenant monopolise la parole.
- La transcription, excellente en conditions propres et disponible en 99 langues, bute encore sur les accents marqués et le jargon métier pointu.
Rien de rédhibitoire pour la cible visée. Mais si vos rendez-vous durent 90 minutes avec des interlocuteurs internationaux, testez sérieusement avant de signer.

Tarifs de Claap : lisibles, mais le vrai Claap commence à 48 €
Claap affiche ses prix publiquement, sans engagement annuel obligatoire ni frais de déploiement. Sur ce marché, c’est déjà un positionnement en soi.
| Plan | Prix (facturation annuelle) | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| Basic | 0 € | 10 enregistrements et 300 minutes au total (pas par mois), stockage 3 mois. Un plan de découverte, épuisé en une semaine de vente active. |
| Pro | 24 €/utilisateur/mois | Enregistrements illimités mais plafonnés à 1000 minutes par mois, 500 crédits IA par licence, résumés avancés et prompts personnalisés. Un excellent preneur de notes amélioré. |
| Business | 48 €/utilisateur/mois | Durée illimitée, 1000 crédits IA par licence. C’est ici que vivent le remplissage automatique du CRM, le coaching IA, les Smart Tables, les insights deals et les emails de suivi générés. |
| Enterprise | Sur devis | SSO, SCIM, licences Basic illimitées, onboarding et migration sur mesure. Pour les organisations avec des exigences de sécurité fortes. |
Quelques subtilités méritent votre attention avant de sortir la calculatrice :
- Les crédits IA sont mutualisés au niveau du workspace, ce qui donne de la souplesse entre gros et petits consommateurs.
- Vous pouvez aussi mixer les licences dans un même espace : vos commerciaux en Business, les observateurs (direction, marketing, produit) en Basic gratuit. Malin.
- Dernier détail plus surprenant : l’essai gratuit des plans payants se débloque en contactant l’équipe commerciale, un petit paradoxe pour un outil qui revendique le libre-service face à Modjo.
Le plan Pro à 24 € est un très bon preneur de notes, rien de plus. Toute la promesse commerciale de Claap vit dans le plan Business à 48 € et c’est ce prix qu’il faut retenir pour comparer. À ce niveau, Claap reste nettement plus accessible qu’une plateforme sur devis avec engagement annuel, mais n’espérez pas équiper votre équipe pour le prix d’un notetaker.
Claap, Modjo ou Fathom : comment trancher
Claap se bat sur deux fronts à la fois et c’est précisément ce qui rend le choix intéressant.
En dessous, les preneurs de notes IA. Fathom offre l’enregistrement et la transcription illimités gratuitement, quand le plan gratuit de Claap s’épuise en quelques jours. Si votre besoin s’arrête au compte-rendu automatique, ne payez pas 48 €.
Au-dessus, les plateformes de conversation intelligence. Modjo, la référence française, va plus loin que Claap sur les analytics de pipeline et les workflows de revue d’appels, avec un accompagnement au déploiement dont beaucoup d’organisations structurées ont réellement besoin. Mais l’addition se fait sur devis, avec engagement annuel. Et le produit est pensé pour des équipes où les managers coachent en réécoutant les calls. Gong joue dans la même cour, en plus cher encore.
| Critère | Claap | Modjo | Fathom |
|---|---|---|---|
| Idéal pour | PME et mid-market qui veulent structurer leurs données de conversation | Organisations structurées avec un vrai programme de coaching managérial | Indépendants et équipes qui veulent juste des comptes-rendus |
| Prix | Public, dès 1 utilisateur, sans engagement | Sur devis, engagement annuel | Gratuit en illimité, plans payants pour les fonctions équipe |
| Limite principale | Moins profond en analytics, incertitude lemlist | Budget et déploiement lourds pour une PME | Pas de deal intelligence ni de coaching |
Ce qu’on aime (et ce qu’on aime moins)
- L’adoption immédiate : opérationnel en quelques minutes, sans projet de déploiement ni formation. Sur ce critère, aucune plateforme de conversation intelligence ne rivalise.
- Une capture réellement complète : visio sans bot, téléphonie Aircall et Ringover, emails, présentiel via mobile. Le tout transcrit en 99 langues avec identification des intervenants.
- Les Smart Tables : la bascule du dossier de comptes-rendus vers une base de données interrogeable, avec des champs IA rétroactifs. C’est ce qui justifie de payer plus qu’un notetaker.
- Le MCP en production depuis juin 2025 : vos agents IA exploitent directement vos conversations, avec un an d’avance sur la concurrence directe.
- Des prix publics et résiliables sur un marché qui vit de devis opaques et d’engagements annuels.
- L’héritage vidéo : édition, extraits partageables, bibliothèque de calls. Personne d’autre n’offre ça sur ce segment, et c’est précieux pour l’onboarding des commerciaux.
- Un plan gratuit symbolique : 10 enregistrements et 300 minutes au total, à peine de quoi se faire une idée.
- Le vrai produit commence à 48 € : CRM, coaching, Smart Tables et insights sont tous réservés au plan Business.
- Des lenteurs de traitement sur les enregistrements longs et des résumés qui peuvent manquer de profondeur sur les conversations décousues.
- Une transcription perfectible sur les accents marqués et le jargon très technique.
- Moins profond que Modjo ou Gong en analytics de pipeline et en workflows de coaching managérial.
- L’inconnue lemlist : rien ne garantit que la roadmap privilégiera durablement les clients hors écosystème.
Notre verdict : pour qui Claap est-il fait ?
Claap est fait pour vous si :
- Vous dirigez une équipe commerciale de 3 à 50 personnes qui vend en visio et par téléphone
- Votre CRM est HubSpot, Salesforce, Attio ou Pipedrive et la saisie post-call vous coûte des heures chaque semaine
- Votre téléphonie tourne sur Aircall ou Ringover (la capture est native)
- Vous avez une appétence pour les agents IA (ou vous êtes déjà client lemlist et les synergies smartbound vous intéressent)
- Vous voulez un déploiement le jour même, sans projet ni consultant
Passez votre chemin si :
- Votre besoin s’arrête au compte-rendu automatique de réunion (Fathom le fait gratuitement)
- Votre organisation coache par la revue d’appels managériale avec un budget enterprise (Modjo ou Gong sont mieux armés)
- Votre historique de calls Modjo a trop de valeur pour repartir de zéro
- Vos rendez-vous types durent plus d’une heure avec des interlocuteurs aux accents très marqués : testez sérieusement avant de vous engager
Note finale : 4,2/5. Claap est aujourd’hui la meilleure option pour une PME française qui veut passer du preneur de notes à la revenue intelligence sans budget enterprise. L’enregistrement sans bot, le CRM qui se remplit seul et les Smart Tables composent une proposition unique sur ce segment de prix. Le rachat par lemlist apporte des moyens et une vision cohérente, avec une inconnue sur la place des clients standalone que seuls les douze prochains mois permettront de lever. En attendant, le plan gratuit et l’absence d’engagement rendent le pari peu risqué.
Claap propose un plan gratuit sans carte bancaire pour juger la qualité des transcriptions sur vos propres calls. L’essai des plans payants s’active sur simple demande auprès de l’équipe, et tous les abonnements sont résiliables à tout moment.